Motivation : comment se débarrasser de la démotivation en 2 temps, 3 mouvements ?

Motivation et démotivation, les deux plateaux de la balance

Les objectifs à moyen ou long terme ne nous permettent pas toujours d’être motivés à 100%.
Il arrive en effet que notre motivation initiale soit mise à mal par des éléments parasites provenant de nous-mêmes et de l’extérieur. La démotivation prend alors du poids, réduisant mécaniquement la motivation. Un peu comme un jeu à sommes nulles où un degré gagné en démotivation représenterait un degré de moins en motivation.

Oeil pour un oeil et dent pour dent, nous verrons comment il est possible de regagner des degrés en motivation pour diminuer les degrés de démotivation et rétablir ainsi la balance motivationnelle au moyen :

– Des 2 temps : nous verrons les 2 temps (moments d’observation) permettant d’analyser les phases où tout peut basculer dans un sens ou dans l’autre.

– Des 3 mouvements : nous détaillerons 3 freins majeurs qui peuvent perturber les actions nécessaires à la réalisation de l’objectif. Face à la démotivation, source d’inaction ou d’action déviante de l’objectif, la mise en place de contrepoids générateurs des bonnes actions à mener est nécessaire. Nous les nommerons ici les 3 mouvements (ou sources d’énergie) destinés à retrouver, préserver ou augmenter notre motivation.

Rester motivé : une question d’adaptation

Les objectifs que nous savons difficiles à atteindre nous mettent bien souvent sur un chemin à perte de vue qui ne permet pas toujours de rester motivé en permanence (long terme). La route que nous pouvons imaginer comme chaotique est le reflet d’un certain niveau de doute qui nous met des bâtons dans les roues. Par exemple la façon de nous représenter les choses lors de certaines situations (influence externe) vient à nous saper le moral. Serions-nous dépendant de nos émotions qui nous empêchent d’avancer ? Aurions-nous une habitude indécrottable qui, systématiquement, entraverait notre route ? Nous arrive-t-il de savoir que pour atteindre un résultat, nous devons réaliser certaines actions et, malgré tout, nous ne les faisons pas ? Ou au contraire nous donnons tout ce que nous avons et faisons beaucoup d’efforts accompagnés d’une absence de résultats ?

Tout ceci ne serait-il pas le constat d’un mécanisme à changer ?

Tous ces moments d’abattement ou d’anéantissement sont issus de l’interaction entre les événements que nous vivons, que nous interprétons et nos comportements.
Les ressources mises à disposition pour atteindre un objectif, autrement dit la motivation, peuvent provenir de ce que nous voulons devenir, de ce que nous ne voulons plus être, de ce que nous voulons acquérir, de ce que nous voulons ne plus avoir,… Ainsi chaque petite raison peut devenir une puissante bonne raison pour faire ou ne pas faire.

Se connaitre et apprendre à bien se connaitre deviennent alors essentiels dans la mise en place de sa motivation, un peu à l’image d’un ingénieur du son qui va procéder aux bons réglages avec son immense table. Car parfois, les réglages se font en mode automatique (inconscient) alors qu’il serait parfois préférable d’en avoir le contrôle (conscient).

Les deux temps pour être cohérent avec son objectif

Les bons choix se font en posant les choses et en prenant le temps, ou plutôt, les 2 temps.
Se donner le temps de la réflexion passe par une phase d’arrêt et de planification en lien avec notre objectif. Ce qui importe avant tout, c’est que le choix puisse se faire de manière consciente en ayant évalué au moins deux paramètres : les événements et nos comportements.

L’arrêt sur image associé à la prise de recul permet de faire un choix adapté.

Temps °1 : l’interprétation des événements

Un vieil adage dit que la vie n’a de sens que celui qu’on lui donne.
Quels sont les événements auxquels nous faisons face ? Le décès d’un proche peut-il nous endurcir ou nous anéantir ? Quelle perception pouvons-nous avoir d’un tel événement ?

La ligne de temps sur laquelle nous sommes est régulière et défile selon une vraie constance.
En revanche ce qui fait preuve de beaucoup moins de régularité, c’est notre vie. Un peu comme les battements du cœur, il y a des impulsions, des accélérations et des ralentissements, des pics et des chutes,… Notre vie est ainsi ponctuée. Le monde bouge, nous aussi, des événements ont lieu, des rencontres se produisent, des échecs surviennent mais aussi des moments de réussite nous sourient, joie et peine s’entremêlent et nous grandissons, nous apprenons et nous nous enrichissons d’expériences.

La question fondamentale est de savoir si nous pensons subir ou bien construire notre vie. Il est en effet important de savoir comment nous agissons en fonction des événements qui se produisent puisqu’un même événement ne génère pas la même perception pour tout le monde.

Observer et analyser de manière consciente ce que la vie nous « propose » permet de mieux identifier et d’acquérir une vraie connaissance de nous-mêmes.

Cette étape de l’EVENEMENT doit permettre  de nous arrêter pour observer consciemment ce qui se passe. A un événement va correspondre une attitude de notre part, ce qui nous amène au deuxième temps.

Temps n°2 : l’observation de nos comportements

Le temps défile de manière linéaire alors que le niveau de motivation, quant à lui, est très variable. La motivation peut céder sa place à la démotivation avec parfois une grosse dose de découragement, ou pire encore, l’envie de tout arrêter. C’est d’autant plus à ce moment là que les choses doivent être posées.

Un événement nous a affecté et nous avons laissé notre instinct faire le reste : énervement ou colère, mise en place de modes de compensation (nourriture, alcool, séries TV,…), déception jusqu’à baisser les bras,… Un échec peut démotiver certaines personnes car il sera considéré comme la fin d’un processus. Aussi le même échec peut être source de motivation chez d’autres qui vont l’inscrire comme une étape dans le processus, forgeant par la suite l’expérience tout en « musclant » la persévérance.

Avant de nous dire si notre comportement consécutif à l’évènement est le bon ou pas, essayons plutôt de nous mettre un niveau au dessus afin d’avoir une vue d’ensemble : quelle peut bien être la raison qui m’a poussé à cela ? Avons-nous seulement pris conscience que dans ce type de situation, nous avons l’habitude d’agir (ou d’être paralysé) selon une certaine constante ? Quelle en est la raison ? La vraie raison qui est au fond de nous ? Ensuite nous pouvons nous demander : était-ce la bonne attitude à avoir ? Est-ce que ce comportement m’oriente dans la bonne direction ? Est-il préférable de le tempérer, de le modifier totalement, de le conserver ?

Face aux événements, nous avons notre propre façon d’interpréter les choses, nos propres émotions qui y sont associées et… Nos comportements qui en découlent. Aussi, à force de prendre conscience de nos manières d’agir en fonction des situations, nous apprenons à mieux nous connaitre.

Consécutif à l’étape de l’événement, le COMPORTEMENT et son analyse consciente permet d’avoir une meilleure vue « aérienne » de nous-mêmes en interaction avec l’événement. Il devient alors beaucoup plus facile d’éclairer nos choix qui deviennent alors de plus en plus cohérents et de plus en plus en adéquation avec notre objectif.

Trois freins à débloquer pour créer du mouvement

La motivation, du latin moviere signifiant mouvement, se situe en amont des actions que nous mettons en place pour atteindre des objectifs.
Si nous ne mettons pas en œuvre des choses concrètes découlant de notre propre volonté d’agir, nous restons à distance de notre objectif. Nous nous trouvons alors face à une certaine forme d’inertie qui peut mener à la dérive sous une influence externe.

Quels sont donc les gros freins capables de saper notre moral et de barrer la route aux actions que nous avions pourtant l’intention de mener ?
Même s’ils sont nombreux, nous allons en voir trois en particulier et surtout aborder les trois contrepoids respectifs qui peuvent faire pencher la balance dans l’autre sens.

Frein n°1 : le doute

Le doute est très souvent lié à la peur de quantités de choses : la peur d’échouer, la peur de décevoir, la peur du regard des autres, la peur du rejet ou la peur de ne pas être à la hauteur. Au bout du compte, on finit par se demander si on va bien pouvoir réussir et le doute s’installe.

Ces peurs pourtant irréelles, puisqu’elles sont le produit de notre imagination, doivent être contrebalancées. Notre avenir sera-t-il un cauchemar comme notre peur nous le montre vraiment ? Car il en est de même pour un rêve qui lui aussi n’est qu’une projection de nous-mêmes dans le futur.
Alors à quoi vaut-il mieux s’accrocher ? Que choisissons-nous ? Qu’est-ce qui est le plus motivant ?

Si nous avons un projet, il y a certes une part d’incertitude associée à sa réussite et il est normal d’avoir des craintes. D’un autre côté il y a aussi et surtout des raisons qui nous amènent à vouloir le réaliser. Il ne faut pas chercher plus loin, ces raisons doivent peser plus lourds. Autrement dit, même si nous n’avons pas ou peu confiance en nous, la certitude du chemin que nous voulons suivre et la volonté d’entreprendre pas à pas deviennent alors nos meilleures alliées. Il n’y a pas d’échec, il n’y a que des expériences.

Réduire ou au mieux éradiquer le doute, c’est au préalable avoir fait sa liste de bonnes raisons de réussir, ce que cela va changer pour nous et les bienfaits que nous allons en tirer. Plus la liste est longue, plus les éléments pèsent dans la balance et sont importants pour nous, plus nous disposons de cartouches pour affaiblir le doute plutôt que de le voir nous affaiblir.

Eloigner le doute pour renforcer la confiance, une stratégie facile à mettre en place. Dans les faits, nous pouvons écrire la liste de nos bonnes raisons dans un cahier toujours à portée de main ou dans les notes du smartphone. Si un moment de doute vient à s’installer, relire ces notes précieuses offre le potentiel de le désamorcer.

Frein n°2 : l’image de la « montagne » à gravir

Lorsqu’un objectif est grand, si grand qu’il nous semble énorme, nous avons vite tendance à en faire une « montagne ». Une montagne telle que le simple fait de la regarder nous parait impossible à la gravir. La motivation est d’autant plus dure à avoir que la tâche s’annonce longue, complexe et laborieuse.
Un concept intéressant est celui de la granularisation. Il s’agit en fait de transformer un grand objectif en plusieurs petits objectifs. Dans l’enseignement, ce terme est employé fréquemment en pédagogie. On parle alors de granularisation pédagogique ou  de « grains pédagogiques » permettant de découper les contenus d’une matière afin de les combiner de différentes manières en fonction du niveau des apprenants.

Nous pouvons considérer les petits grains comme de petits objectifs faciles à atteindre et dont la réussite est gratifiante. C’est de cette manière, par petites victoires successives, que l’on arrive à augmenter le niveau de confiance en soi.

Frein n°3 : l’environnement toxique

Si notre objectif est de perdre 10kg et que notre frigo et nos placards sont remplis d’aliments qu’il vaudrait mieux ne pas avoir, que nos proches nous poussent sans cesse à sortir boire un verre et manger des tapas voire qu’ils nous découragent en nous expliquant que nous n’arriverons jamais à cet objectif, nous ne sommes pas certains de voir le bout du tunnel.

Passer à l’action, c’est tout d’abord faire des choix qui vont nous permettre de nous retrouver dans un environnement favorable en lien avec notre objectif. Pour cela, nous devons absolument améliorer nos conditions de vie quotidienne, faire en sorte d’éviter de nous retrouver dans un environnement toxique qui va étouffer les raisons de ce pouquoi nous voulons nous engager. L’important est de préparer le terrain de manière à ce qu’il soit propice à une évolution cohérente avec, dans ce cas précis, la perte de poids.

Nous devrons alors faire le choix de faire les courses autrement pour avoir des aliments différents dans notre cuisine, de pratiquer une activité physique, seul ou avec d’autres personnes, de s’entourer éventuellement d’un nutritionniste et/ou un naturopathe, etc… Autrement dit, même s’il s’agit « d’aller vers » de nouvelles personnes et de créer de nouveaux liens, il se peut que nous devions aussi couper d’autres liens. A commencer par réduire la fréquence de certaines rencontres ou bien les supprimer momentanément (ou définitivement dans certains cas).

L’utilisation de smartphones, de tablettes ou bien de la télévision représente plusieurs heures par jour pour certaines personnes. Face aux excuses bidons qui « justifient » que nous n’avons pas le temps, faire une cure médiatique lourde d’au moins 50 à 80% est justement un bon moyen de s’octroyer du temps. Ainsi nous pouvons le consacrer à la pratique sportive ou au partage de moments avec des personnes motivantes ayant les mêmes centres d’intérêts. Sinon utiliser les médias dans le sens de votre objectif comme améliorer ses connaissances pour mieux remplir son caddie, apprendre de nouvelles recettes plus saines ou, ce que vous êtes en train de faire, recueillir des informations pour faciliter la réalisation de vos objectifs. Ce que vous faîtes peut-être en ce moment même…

Connais-toi toi-même

Nous pouvons réussir, échouer, apprendre une bonne ou une mauvaise nouvelle, vivre un moment heureux ou traumatisant. Dans tous les cas, une fois arrivé au présent, cet événement est déjà du passé. Les choses sont ce qu’elles sont et on ne peut les changer, alors autant les observer bien en face à des fins utiles. Le fait d’être conscient de nos comportements en fonction des situations en dira long sur la distance qui nous sépare de notre objectif. Cela induit bien souvent des corrections que nous devons apporter à nous-mêmes ainsi que des modifications concernant notre entourage humain et matériel. La devise inscrite au Temple de Delphes « Connais-toi toi-même » que Socrate reprend à  son compte identifie deux choses : pour quoi faire et par quel moyen ?
Nous pouvons nous en servir ici pour illustrer la mise en relation entre, d’une part, notre OBJECTIF et d’autre part, l’analyse « EVENEMENTS/COMPORTEMENTS », le tout dans le but de déterminer les choix cohérents en sachant ce qui est bon pour nous.

La démotivation provient d’une route que nous imaginons longue et difficile ? Alors pourquoi ne pas en tracer une qui rende la vie plus facile ?
Ainsi, pour contrebalancer l’image de l’avenir orageux que nous pourrions imaginer, une stratégie inverse consiste à tracer un chemin plus facile à emprunter afin d’accroitre le niveau de motivation. En pratique, s’attacher à nos rêves, à nos envies et à ce que nous souhaitons obtenir doit être plus fort que les embûches et les nids de poules.

Certes les actions à mener vers l’objectif à atteindre nécessiteront de fournir des efforts. Ces efforts, parfois difficiles voire très difficiles peuvent soulever des questions sur notre capacité à y arriver. Aussi, maintenir régulièrement sa motivation à flots au moyen d’outils simples à utiliser au quotidien pour contrebalancer les effets indésirables permettra de mieux tenir sur le long terme. Seulement le long terme nous renvoie à une autre perspective et une autre échelle : la volonté.
La volonté puise ses racines dans le mot vouloir. Alors que veut-on ? Que veut-on vraiment  au point d’entretenir et muscler naturellement sa motivation ?

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